L’Europe célèbre sa fête mais les Européens ont-ils encore la moindre idée de ce qui fait leur identité commune ?

Le 9 mai 1950, Robert Schuman présentait sa proposition relative à une  organisation de l’Europe. Aujourd’hui, le 9 mai est devenu un symbole européen  fêté chaque année. Mais alors que l’UE traverse une crise économique et morale  sans précédent, le projet européen apparaît de plus en plus déconnecté des  aspirations des citoyens. Bruno Le Maire, Jean-Luc Sauron et Jakob Hoeber répondent aux questions d’Atlantico.

The flags of the 27 EU Member States following enlargement on 1 January 2007

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

La 8ème édition de la fête de l’Europe s’est ouverte ce jeudi. Cette célébration, qui vise à rapprocher les citoyens de l’Union européenne, revêt une importance particulière alors que les Français n’ont jamais été aussi désenchantés vis-à-vis de l’institution bruxelloise. Selon une enquête exclusive BVA réalisée pour l’Institut de relations internationales et stratégiques en février 2013, ils sont seulement 38% à considérer la construction européenne comme une source d’espoir. Au-delà de la crise économique, sociale et institutionnelle qu’elle traverse, l’Union Européenne n’est-elle pas confrontée à un problème encore plus fondamental d’identité ?

Bruno Le Maire : Il y a une première difficulté qui est une difficulté de solution. L’Europe tel qu’elle existe aujourd’hui ne répond pas à l’attente des citoyens, elle ne répond pas à leurs problèmes. A quoi sert aujourd’hui l’Union européenne ? La question est posée. En 1957, on pouvait dire que l’Europe apportait la paix et l’unité des démocraties. Ensuite, on a pu développer l’idée que le marché unique apporterait la prospérité. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Nous avons besoin de construire une Europe nouvelle. Personne ne sait qui prend les décisions et au nom de quelle légitimité. La complexité des décisions est telle qu’elle échappe au contrôle des citoyens. C’est inacceptable dans une construction politique moderne. Un exemple : la question de l’accord de libre échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Qui va donner mandat au négociateur européen ? Comment les responsables politiques pourront garder la main sur le mandat qui sera confier au commissaire européen chargé de cette négociation et qui aura un impact direct sur nos intérêts culturels, agricoles et financiers ? Il est impératif que nous sachions dès maintenant quelle est la nature de ce mandat et quel est le contrôle politique qui sera exercer dessus. Sinon, cette négociation entre l’Europe et les Etats-Unis, qui peut marquer un retour de la croissance, sera un échec politique.

Sur le point de l’identité que vous soulevez, l’Europe a toujours eu une identité ouverte et complexe depuis son origine. C’est une entité qui a toujours hésité entre l’unité et la dispersion. Il faut se souvenir des mouvements entre les empires, qui ont rassemblé des populations très diverses, et le regroupement entre Etats-nations. L’Europe a par ailleurs des origines et des imprégnations religieuses extrêmement diverses. On peut à la fois parler d’origine antiques et de racines chrétiennes. Ce qui fait la singularité de l’Europe, c’est sa complexité et c’est aussi ce qui rend très difficile la définition de son identité commune. C’est ce qui amène des tensions qui menacent de nous faire revenir vers le nationalisme et le repli sur soi.

Jean-Luc Sauron : Non, la question de l’identité est un leurre pour un espace aussi diversifiée que l’UE. Les 27 (bientôt 28) n’ont pas grand-chose en commun en dehors d’un mode de consommation, d’un système démocratique parlementaire (qui fonctionne plus ou moins bien) et d’une histoire récente (après 1989 et la chute du mur). Quand je dis que c’est un leurre, je veux dire que c’est un leurre de penser la question de l’identité comme un acquis, un bien commun. L’affirmation des racines chrétiennes de l’Europe est une chimère. S’agit-il vraiment d’une histoire commune que celle de l’Europe chrétienne orthodoxe (quelle orthodoxie ? Moscou ? Bucarest? ) ou celle de l’Europe catholique ou celle des Europe protestantes ? Quel est le lien entre un pasteur de l’église luthérienne suédoise ou lettone avec un curé sicilien ou un pope roumain.

C’est de plus faire bien peu de place à l’apport des communautés juives à l’histoire politique et intellectuelle européenne. Qui sait, en dehors des juifs européens, que l’un des plus grands commentateurs du talmud était un vigneron champenois du XIIIème siècle (Rachi) ? Qui comprend aujourd’hui la part incroyable que l’Islam a pris dans la construction intellectuelle, philosophique et artistique du continent européen ? L’Islam, c’est une pièce majeure de l’histoire, des gènes de la péninsule ibérique, de la Sicile ou des Balkans. L’Islam ne se résume pas à une bande de barbus réactionnaires, rétrogrades et violents. C’est une chance incroyable pour l’Europe d’être ainsi un carrefour multi-civilisationnel. Il faudra plus qu’un traité pour que les Européens de toutes origines acceptent de vivre ensemble et de construire une identité partagée. L’Europe est confrontée, non à un problème d’identité, mais à une incapacité à accepter la mondialisation, sa force de vie, la concurrence qu’elle entraîne. Ce qui angoisse l’Europe, c’est qu’elle n’est plus l’Europe dominatrice ou/et colonisatrice des siècles derniers, de cette histoire qui a nourri l’imaginaire des enfants d’Europe dans leurs livres d’histoire. L’Europe n’est pas un acquis, c’est toujours un projet. Rien de bien sécurisant là-dedans !

Jakob Hoeber : Parmi les enjeux auxquels l’Union Européenne est confrontée aujourd’hui, l’identité est certainement une question non encore résolue. Depuis la fin de la guerre, les premières tentatives sérieuses pour unir le continent – en tirant les conclusions de la politique de l’équilibre, qui revient d’ailleurs sur la table aujourd’hui – se sont vite heurtées à la réalité politique, et l’unification a pris le chemin le plus simple : par le levier de l’économie. Le défaut de cette politique a été de ne pas intégrer le citoyen dans ce processus, lui qui a toujours gardé un œil méfiant vis-à-vis à Bruxelles. Les essais de rapprochement avec le citoyen sont restés lettre morte, soit à cause d’une ambition excessive, comme pour l’Esperanto, soit à cause d’un manque de volonté politique, comme pour le manuel scolaire d’histoire commun. D’autres programmes, notamment l’échange universitaire Erasmus, ont plutôt été des réussites.

Mais faudrait-il réellement une identité européenne ? D’abord, il serait étonnant de considérer l’identité comme quelque chose d’exclusif et pur. On peu bel et bien être Français et Européen en même temps, et même Breton et Français et Européen. L’identité est principalement un sentiment d’appartenance commune. Et la liste de traits communs aux Européens est longue : par exemple, l’héritage des Lumières, unique en son genre dans l’histoire mondiale. Des entreprises communes comme la découverte du monde. L’importance d’une société basée sur l’état de droit et la démocratie. Certes, ces traits ne sont pas développés de la même manière dans l’ensemble des pays unies au sein de l’UE aujourd’hui. Aussi leur interprétation diffère-t-elle parfois. Cependant l’idéal contenu dans ces valeurs détermine le cap de la politique et aussi de la société. On pourrait alors dire que l’identité européenne existe, mais qu’elle n’est pas consciemment vécue et rappelée de la même manière que les identités nationales et régionales.

Comment créer un véritable sentiment d’appartenance ? Qu’est-ce qu’être européen aujourd’hui ?

Bruno Le Maire : Etre européen c’est partager une même vocation politique : la défense d’un certain nombre de principes démocratiques. C’est aussi adhérer à une culture qui est faite de diversité. C’est accepter la multiplicité des langues qui fait le territoire européen. C’est accepter la différence de chacun et faire une place à cette différence. Aucun modèle national ne peut dominer en Europe, précisément parce que l’Europe est fait d’une multiplicité de singularités nationales.

Jean-Luc Sauron : Pour l’Européen qui voyage en Europe, le sentiment est double : à la fois, il se sent partout chez lui et à la fois, il n’est vraiment à l’aise que dans son pays. Il faut bien comprendre que le projet européen est bien sûr pensé pour ses 502 millions d’habitants, mais à combien profite-t-il vraiment ? Certainement à moins de 500 000 bénéficiaires qui voyagent en Europe, utilisent l’euro (là où ils devaient autrefois changer de monnaies) et traversent les frontières sans contrôle grâce à Schengen. Pour les autres, les oubliés de la croissance, les 27% de chômeurs espagnols ou les 60% de jeunes grecs sans travail, tous ces incontestables progrès paraissent bien loin. L’Europe reste un idéal bénéficiant à une minorité, ceux qui ont les moyens (linguistiques, monétaires ou de diplômes) d’accéder à son espace. Très honnêtement à qui profite la libre circulation des travailleurs ? Pour beaucoup, elle facilite le déracinement et n’est tout compte fait qu’une nouvelle formulation de l’immigration connue par leurs parents (portugais) ou grands-parents (polonais). Quant à Erasmus, il vaut mieux avoir les moyens financiers pour vivre correctement et profiter de cette année universitaire particulière.

Si l’Europe se limite pour la majorité de sa population à trouver plus de catégories de produits alimentaires sur les étagères des supermarchés, la mondialisation a produit cette même diversification de consommables sans organisation politique particulière. Qu’est-ce qu’être Européen aujourd’hui ? Principalement être né sur le continent européen ! C’est bien sûr, un espace de règles juridiques communes issues soit des traités européens, soit de la Convention européenne des droits de l’homme ! Mais là encore, qui en est conscient ? Quant à savoir comment créer un sentiment commun d’appartenance, la réponse relève du temps long et dépasse très largement les élections nationales qui rythment les Etats membres de l’Union européenne !

La construction européenne s’est fondée sur la réconciliation franco-allemande après la guerre et sur l’opposition au modèle soviétique. Après la chute du mur de Berlin et alors qu’une nouvelle guerre paraît très peu probable, le marché unique peut-il continuer à être le seul moteur de la construction européenne ? Sur quel projet commun faut-il s’appuyer pour relancer le projet européen ?

Bruno Le Maire : Le marché ne fait pas un projet politique. C’est un instrument qui doit permettre à nos entreprises de mieux réussir, de créer des emplois, mais ce serait une erreur politique fondamentale que de croire que le marché peut servir de projet à des centaines de millions de citoyens européens. Ils attendent autre chose : un espoir plus généreux et personnel qui a trait à l’éducation, à la culture et qui permet de se savoir européen. Ce n’est pas le marché qui fait le sentiment d’appartenance.

Le projet commun de l’Europe doit être la formation des jeunes, l’innovation, la recherche. Pour être le continent du progrès, nous devons attirer les jeunes du monde entier qui veulent se former. Aujourd’hui, les jeunes sont négligés, laissés de côté. Ils n’arrivent pas à trouver leur place en Europe. Du coup, ils se disent que leur vie va être meilleure s’ils vont aux Etats-Unis, au Canada ou en Chine. Nous devons faire revenir nos jeunes et leur expliquer que leur destin se joue en Europe, précisément parce que l’Europe fait le choix politique de l’éducation et de la formation des jeunes la meilleure et la plus élevée possible.

Enfin, aucun projet politique européen ne sera concevable sans la France et l’Allemagne. Nous avons de telles différences et rivalités depuis 1789 que si nous parvenons à trouver un accord, il sera le point d’équilibre entre tous les pays européens.

Jean-Luc Sauron : Il est important de rappeler que la construction communautaire a commencé comme un projet de consolidation de l’Europe libérale (économiquement et politiquement) face à l’Europe communiste. Dès le départ, les Américains ont vu le projet européen comme la transplantation du modèle fédéral nord-américain en Europe pour contrer l’hégémonie soviétique. Le premier lecteur du discours du 9 mai 1950 n’a-t-il pas été l’ambassadeur des Etats-Unis à Paris ? L’idée d’une guerre fédératrice a sans doute un temps traversée l’esprit des dirigeants européens et américains après le 11 septembre 2001 : une guerre contre un terrorisme islamique. Plus sérieusement à quoi peut servir un espace politiquement organisé comme contrepoids à la menace communiste dans un monde où cette dernière a disparu ? Quel projet peut prendre le relais ? A mon sens, la mondialisation est une chance pour l’Europe si elle n’y répond pas comme d’habitude par une volonté d’enfermement soit disant protectrice. Le problème majeur que traverse l’Europe aujourd’hui c’est qu’elle se sclérose. Que vos lecteurs aillent voir des images de Shanghai aujourd’hui. Il en ressort une impression de vie, de force et de créativité.

Quand je lis les projets politiques qui misent sur le protectionnisme comme axe de la future campagne européenne de 2014, je suis effondré par une telle bêtise, quand bien même elle serait partagée par la quasi-totalité des segments de l’éventail politique français et malheureusement européens. Le seul projet pour relancer l’Europe (et non l’Union européenne qui est une autre question et touche à l’organisation politique du continent), c’est de se lancer dans la mondialisation et de s’y tailler une place. Plus rien n’est dû ! Plus de rente historique ! Au boulot. Le continent s’enrichira en gagnant des marchés dans le monde et non en se limitant à se “piquer” des entreprises entre les Etats européens par le biais d’une concurrence fiscale autodestructrice. Sachons utiliser tous les réseaux que l’histoire européenne à donner à ses Etats ! Comment accepter que les Etats-Unis ou la Chine s’installent en Afrique ou au Moyen-Orient ? Aux Portugais, aux Français et aux Britanniques de se retrousser les manches et de reconstruire des circuits économiques euro-africains qui sont dans une logique géostratégique qui ne demande qu’à se redévelopper !

Jakob Hoeber : Depuis la fin de la Guerre Froide, le monde est entré dans une sorte de flou idéologique. Trouver sa place dans un monde bipolaire était bien plus simple que sur une planète où la quasi- totalité des entités politiques poursuit le modèle capitaliste sans pour autant adopter l’organisation démocratique. Or, l’identité se construit souvent non sur l’affirmation des différences mais sur l’incapacité à se différencier de quelqu’un d’autre.

Dans ce monde, fonder une identité sur un marché commun est bien entendu voué à l’échec. Non parce que ce marché ne fonctionnerait pas, mais parce qu’il n’a pas assez d’effet rassembleur. S’y ajoute la crise de la zone Euro, où les États semblent préférer défendre leurs propres terrains de chasse.

Quels pourraient être les piliers de la construction d’une identité européenne ? Certainement la communication : mettre en avant les projets européens en les médiatisant davantage. Souligner ce que l’UE a apporté : la paix, la stabilité, un certain bien-être économique, l’État de droit et la démocratie avec ses valeurs. Finalement, on pourrait réfléchir à introduire la matière « Europe » dans les écoles : enseigner l’histoire et la culture commune à ce contient.

Ce projet se doit d’être plus ambitieux pour la zone Euro. Si l’on veut, la crise a contribué à la prise de conscience de l’identité européenne puisque le citoyen connait désormais le taux d’endettement du voisin ainsi que les acteurs principaux de son gouvernement. Lancer des projets à la fois économiquement intelligents et solidaires, comme c’est le cas pour l’Union bancaire et comme il pourrait être une assurance de chômage commune, serait également une manière de rapprocher les Etats européens. Sur le long terme, une Union fiscale et un budget propre à l’UE métamorphoseront la perception de celle-ci, d’une grande bureaucratie en une institution qui s’implique et participe à la vie du citoyen. Cependant, à condition que cette évolution soit encadrée par un renforcement des institutions démocratiques et une forte représentation à l’échelle européenne.

Le manque d’identité forte de l’Europe laisse-t-il la porte ouverte à la résurgence du nationalisme en Europe ? Les plans d’austérité alimentent-ils ce risque ?

Bruno Le Maire : L’Europe ne peut pas se résumer à une politique d’austérité. Mais c’est aussi l’endettement excessif de tous les Etats européens qui nous a mis dans cette situation économique dramatique. Il faut d’une façon ou d’une autre sortir de cet endettement excessif des Etats. C’est un passage obligé pour retrouver un espoir et reconstruire un projet politique européen.

La résurgence du nationalisme est malheureusement une réalité. Le retour de manifestation antisémite en Hongrie est préoccupant. De même que les scores importants obtenus dans certains pays par les partis très nationalistes. Tous les responsables européens doivent faire attention aux mots qu’ils prononcent car nous sommes sur un terreau qui est favorable au nationalisme.

Jean-Luc Sauron : La question de la résurgence du nationalisme en Europe n’est pas liée à l’austérité. La remise à plat des comptes publics en Europe est une nécessité. Elle solde les facilités politiques des gouvernements passés. Ce qui est inacceptable, c’est de nier l’évidence. L’austérité ou la rigueur vise à résoudre la question de l’endettement public des Etats européens. Il n’y a que deux choix possibles : soit ce sont les générations actuelles qui paient, soit ce sont nos enfants. Le reste n’est que de la démagogie. Ne leur laissons pas cette charge, alors même que nos sociétés n’arrivent pas à leur donner des emplois ! C’est bien dommage, mais c’est comme cela. A tout prendre, c’est tout de même moins pénible que les deux guerres mondiales. Bien sûr, ce redressement n’est acceptable politiquement que s’il se déroule dans un cadre politique où l’effort est équitablement réparti entre les différents acteurs économiques et les différentes classes sociales.

Quant à la résurgence du nationalisme, elle est une réaction mortifère vis-à-vis de la mondialisation et de l’instabilité qui en découle. Contrairement aux discours politiques nationalistes, ce retour à la Nation n’est qu’une fuite, un déni de la réalité. Le nationalisme du XXIème siècle consiste à revenir à un monde de l’avant mondialisation, un monde rassurant “d’entre-soi”, d’entre semblables, ni d’autres couleurs, ni d’autres religions. L’Autre, l’étranger, voilà le problème. Dans ce schéma de pensée, la fermeture des frontières, que ce soit vis-à-vis des hommes ou des produits, conduirait à une paix économique et sociale où les produits du terroir nourriraient les indigènes ! Le vrai problème, c’est que le monde qui nous entoure est à la veille de se passer de nous économiquement. Finalement, ceux qui se réjouissent de ce protectionnisme sont nos concurrents. Ils se développent, s’enrichissent, constituent des classes moyennes. L’Europe deviendra comme le Maghreb aujourd’hui, une agréable destination de vacances où dépenser l’argent gagné au sein de la lutte économique mondiale. La résurgence du nationalisme en Europe est le meilleur allié de ceux qui veulent nous chasser de l’histoire universelle.

Jakob Hoeber : C’est un réflexe normal de vouloir serrer les rangs lorsqu’une société est frappée par une crise. En Europe, il faut le dire, la référence politique principale reste l’État et non l’Union Européenne. Cela ne veut en rien dire que la résurgence des nationalismes soit une fatalité. En effet, tout dépend des gouvernements et s’ils se laissent tenter par l’emploi de ce discours.

On le voit clairement lorsque certains gouvernements parlent de la politique d’austérité. Le problème n’est pas tant que cette politique économique a un effet négatif sur les économies, mais plutôt que l’idée véhiculée est une reprise automatique de l’économie une fois que l’on se sera débarrassé de l’austérité. Or, peu de pays ont présenté un plan de relance réel – autre que la stimulation éphémère par la consommation – afin de trouver leur place dans une concurrence mondiale de plus en plus rude. Cela ne rend pas ce genre de discours moins dangereux pour l’avenir européen commun.

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