Orange mécanique : le making-of du livre choc qui donne à voir la délinquance telle qu’elle est

La France Orange mécanique de Laurent Obertone est une plongée au cœur  de l’insécurité : un livre choc qui ouvre les yeux sur une réalité que certains refusent encore de voir. Interview de Laurent Obertone pour Atlantico.

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Entretien mené par Alexandre Devecchio

Votre livre, la France Orange Mécanique, publié jeudi, est une plongée au cœur de l’insécurité en France. Vous y juxtaposez statistiques et faits divers. Comment avez-vous procédé dans votre travail d’enquête ? Le travail documentaire a-t-il été facile à faire ?

Laurent Obertone : Il s’agit d’un gros travail de compilation d’archives, d’épluchage de statistiques, de rencontres de terrain. Mon livre n’est pas qu’une analyse clinique de la criminalité. Il est aussi le portrait brutal d’une réalité dissimulée sous des expressions devenues banales. Quand on parle de viol avec violences, on ne parle pas de météo. Il faut redonner du sens aux choses.

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, veut mener une opération vérité sur les chiffres de la délinquance. Dans votre livre vous contestez la réalité des statistiques officielles et vous citez les chiffres suivants : 13 000 vols, 2 000 agressions et 200 viols par jour. Comment parvenez-vous à ce résultat ?

Il s’agit des chiffres de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), organisme indépendant, qui réalise chaque année de solides enquêtes de victimisation (auprès de 17 000 personnes) rendant compte de la réalité criminelle bien mieux que les chiffres officiels. Ces derniers ne sont que des dépôts de plaintes : une femme violée sur dix porte plainte. Manuel Valls a d’ailleurs validé vendredi matin sur RTL l’intégralité de mes chiffres.

Vous entreprenez également de disséquer l’origine de l’insécurité. Pour vous, délinquance et pauvreté ne sont pas mécaniquement liées alors qu’une partie de la délinquance prendrait sa source dans des causes culturelles. Avez-vous conscience de briser un tabou ?

Rendons à César ce qui est à César : le criminologue Xavier Raufer l’a depuis longtemps démontré. Mais de telles démonstrations ont un mal fou à s’imposer dans les médias, allez savoir pourquoi… Plusieurs chercheurs ont également tenté de briser le tabou (Roché, Lagrange), mais sans aller jusqu’au bout d’un constat qui, il est vrai, est très incorrect. Il y a une chape de plomb : la première des choses à faire est de la détruire.

Est-ce qu’il a été facile pour vous de trouver un éditeur ? Avez-vous subi des pressions ?

Mon éditeur, Ring, est particulièrement courageux : aucun autre que lui n’aurait sans doute accepté de publier un tel livre.

Je m’attends à toutes les attaques, en particulier aux plus basses. Dès qu’on parle d’insécurité et d’immigration, les cerbères-caniches de la pensée unique cherchent à vous mordre, sans même tenter de contrer vos arguments, parce qu’ils savent qu’ils ont tort. Mais ils ne s’en soucient pas, persuadés qu’ils sont de disposer d’une arme infaillible : l’antiracisme. Ça ne les sauvera plus.

Votre livre se caractérise aussi par son style incisif et son humour noir pince-sans-rire. La forme provocatrice ne risque-t-elle pas d’occulter le fond et notamment votre impressionnant travail de recherche sur les chiffres ?

Je pense qu’il est important de rendre intelligibles les choses, y compris les pires, sans s’interdire un certain humour. Faute de quoi on termine la lecture -et l’écriture- d’un tel livre sous anxiolytiques. Mon livre s’adresse au grand public qui cherche à comprendre ce qui se passe, pas à d’austères sociaux-bureaucrates.

La France Orange Mécanique est également un réquisitoire contre les grands médias qui, selon vous, minorent la réalité de l’insécurité. Ne craignez-vous pas que votre livre soit boycotté par certains médias ?

À partir du moment où l’information est lancée (par Atlantico puis par RMC), les grands médias suivent le mouvement. Ycompris les médias conditionnés par une hostilité réflexe contre tout ce qui piétine leur dogme. S’ils ne peuvent pas tuer un livre par le silence, ils tenteront de le tuer par la calomnie.

Ne craignez-vous pas également d’être l’objet de multiples récupérations notamment de la part de l’extrême droite ?

Non. Soi-disant pour ne pas faire le jeu de l’extrême droite, en réalité pour dicter ses idéologies boiteuses, la gauche impose aux foules la négation du réel. Il est temps de cesser de négocier avec les terroristes intellectuels. Disons les choses et tout ira mieux.

Votre constat est implacable, mais vous apportez assez peu de solutions. Le problème de la violence est-il insoluble ?

Mon livre est avant tout un témoignage, en effet. Ce constat montre que la prison, juste et efficace, est abandonnée au profit de sanctions « alternatives » aberrantes parce qu’elle ne dissuadent pas et ne punissent plus. Ce constat montre que la politique est impuissante, que gouvernants, médias et administrations sont cloisonnés dans le déni idéologique de la réalité, qu’ils mènent une course morale contre la liberté de penser. Si l’on est certain d’avoir raison, pourquoi restreindre cette liberté ? Mon constat montre encore que l’immigration massive ne peut qu’accroître mécaniquement l’ultraviolence, entre autres désagréments. Des mesures simples permettraient de venir à bout de l’insécurité… Personne n’a le courage ni la volonté de les imposer.

Votre livre a été envoyé au ministre de l’Intérieur, Manuel Valls et à la garde des Sceaux Christiane Taubira. Ont-ils réagi ? Comment ? Quelles solutions rapides peuvent-ils apporter ?

13 000 vols, 2 000 agressions, 200 viols, toutes les 24 heures : Manuel Valls a confirmé ces chiffres. Mais que peut-il faire de plus ? Notre police et nos lois sont irréprochables, si la justice persiste à ne pas sanctionner les criminels, par manque de moyens ou par idéologie, rien ne changera. Valls est un marionnette : un ministre de l’Intérieur n’a plus aucun pouvoir sur l’insécurité. Ce n’est pas lui qui peut décider de construire des prisons ou de faire appliquer la loi. Je doute fort que Christiane Taubira, qui fait montre chaque jour de son époustouflant angélisme, ne daigne un jour jeter un œil sur ce livre, pas plus qu’elle n’a jamais daigné regarder la criminalité en face.

La gauche est dans une logique de négation, la droite aussi, parce qu’elle a peur de la gauche. Le gouvernement Hollande n’a que ses bisous et ses rêves à proposer aux honnêtes gens qui sont chaque jour aux prises avec la triste réalité. Et s’ils se plaignent, c’est qu’ils sont des racistes, des salauds. Avec Taubira jamais la justice n’a été si loin de son rôle originel. Les solutions éventuelles la dépassent : elles concernent l’immigration, la construction massive de prisons, la mise au pas de l’administration…

Avant de penser à des solutions, il faut cesser d’avoir peur des excommunications de la gauche, qui paralysent toute action. Le bon sens, ce fameux sens commun fondateur de nos sociétés, doit reprendre le dessus.

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