Sarkozy 1 – Copé/Fillon 0

François Fillon et Jean-François Copé ont tous les deux revendiqué la victoire dans l’élection à la présidence de l’UMP. Et si le vrai vainqueur était…Nicolas Sarkozy ? Thomas Guénolé livre son analyse pour le dite Atlantico



Fillon était annoncé largement gagnant, mais finalement Copé et Fillon sont au coude à coude. Que s’est-il passé ?

Thomas Guénolé : J’avais déjà averti Atlantico et d’autres de vos confrères que les sondages sur l’élection du président de l’UMP ne voulaient absolument rien dire et qu’ils n’étaient représentatifs de rien. En effet, puisqu’ils portaient sur les sympathisants de l’UMP, et non pas sur les militants, ils n’interrogeaient pas le bon échantillon de personnes !

C’est aussi absurde que si, a contrario, pour la primaire socialiste de 2011 à laquelle tous les électeurs pouvaient voter, on n’avait sondé que des adhérents du PS. Il ne s’est donc rien passé qui soit « extra – ordinaire » : il s’est juste passé quelque chose de différent de ce que prévoyaient des sondages mal faits.

Ce matin, les deux candidats revendiquent la victoire. Qui a gagné ?

Même si on n’a pas encore le nom du vainqueur, cette élection a d’ores et déjà trois grands gagnants et trois grands perdants. Les trois grands gagnants sont les adhérents de l’UMP, Jean-François Copé, et Nicolas Sarkozy. Les adhérents de l’UMP, parce qu’ils ont nettement dépassé la barre habituelle des 50% de participation pour ce genre de scrutin : ils se sont donc appropriés ce scrutin. Jean-François Copé, parce qu’il était annoncé perdant loin derrière son rival et qu’il finira, dans le pire des cas, perdant d’extrême justesse. Nicolas Sarkozy, parce que le score étant parti pour être extrêmement serré, aucun des deux candidats ne s’imposera comme leader, ce qui préserve ses propres chances de retour.

Les grands perdants sont les instituts de sondages, les instances de contrôle du scrutin, et François Fillon. Les instituts de sondages, parce qu’après leur plantage collectif sur la primaire socialiste de 2011, ils ont encore annoncé des résultats sans aucun rapport avec ce qui s’est finalement produit. Les instances de contrôle du scrutin, parce qu’apparemment il y aurait eu des fraudes dans les deux camps. François Fillon, parce qu’il était annoncé lourdement favori et qu’il finira, dans le meilleur des cas, gagnant d’extrême justesse.

L’UMP ne risque-t-elle pas de se déchirer ?

Il est clair que l’UMP est sous tension ce matin. En fait, de toute évidence, elle vit la même situation que celle du congrès de Reims du PS, en 2008. Il avait été marqué par un festival de tricheries, une victoire très sale de Martine Aubry sur Ségolène Royal, et une désastreuse image donnée du fonctionnement du parti.

Cette similitude de situation avec le congrès de Reims n’est d’ailleurs pas étonnante, quand on y réfléchit. En réalité, dans des élections internes à un grand parti politique, il y a toujours des fraudes. Simplement, quand le camp victorieux est très largement en tête, ces fraudes n’ont pas d’importance, puisque ce camp aurait gagné même sans elles. Le camp perdant ne proteste pas, le camp gagnant n’est pas contesté, la messe est dite.

En revanche, quand le score est extrêmement serré, comme cette nuit ou lors du congrès de Reims, là, très logiquement, les deux camps revendiquent la victoire et accusent l’autre de fraudes.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s